Beaulieu
Il faut re-vi-ta-li-ser
Sur ce dossier aussi, maire et opposition s'invectivent. Il n'y a que sur l'urgence à faire quelque chose qu'ils tombent d'accord.
Matthieu Noli
«Nous sommes un peu dans la situation d'une opération à coeur ouvert dans une ambulance en marche. Il nous faut faire évoluer le quartier sans pénaliser le quotidien de ceux qui y vivent », déclare Jean-Pierre Gorges à propos de la reconstruction de Beaulieu. Inauguré au début des années 60, ce quartier regroupe sur 40 hectares près de 1 500 logements, en majorité HLM, et plus de 5 000 habitants. En déshérence, ce secteur se caractérise par une Si la nécessité de revitaliser Beaulieu fait l'unanimité au sein du conseil municipal, il n'en va pas de même sur les moyens d'y parvenir. Déterminé, le maire avertit : « Une nouvelle réhabilitation ne servirait à rien. J'ai décidé de tout reconstruire. Mais, au préalable, j'ai l'intention de libérer de l'espace et d'y bâtir des immeubles où je créerai les conditions d'une réelle mixité sociale. » Ce qui inquiète l'opposition : « Pour l'instant, nous sommes dans le flou, assure Laurent Rabaté, secrétaire départemental du PS. Et j'ai peur que le maire en profite pour réduire le logement social. » Jean-Pierre Gorges se veut rassurant : « Je n'envisage pas de le diminuer, en tout cas pas en valeur absolue. Mais j'estime que la plus grande injustice, c'est de rester toute sa vie locataire d'un logement social. » Pour le moment, trois cabinets d'urbanistes, d'architectes et de sociologues planchent sur l'avenir de Beaulieu. L'un sera désigné en mars pour restructurer le quartier. Une opération qui pourrait prendre une quinzaine d'années.
Approuvé en décembre 2003, le plan local d'urbanisme prévoit la construction de trois cents logements par an à Chartres. A cet effet, la ville dispose d'une réserve foncière de 12 hectares dans les secteurs de Bel Air et des Hauts-Saumons. Jean-Pierre Gorges a l'intention d'y construire 178 habitats, dont 36 logements sociaux, en accession à la propriété pour la moitié. Courant mars, la commune doit créer une zone d'aménagement concerté et signer une convention publique d'aménagement avec la société d'économie mixte de Chartres. Le hic, c'est que quelques familles de gens du voyage s'y sont sédentarisées. Le maire a dû s'engager à les reloger avant de commencer les travaux. Le temps presse, car les premières maisons doivent être livrées courant 2005. Si l'opposition approuve la philosophie du projet - « c'est grâce à nous que cette réserve foncière existe », précise Laurent Rabaté -, elle paraît réticente sur certains aspects. « Le maire veut faire venir plus de 3 000 habitants sur Bel-Air et les Hauts-Saumons, explique Françoise Vallet. Je crains fort que l'élargissement du pont SNCF s'avère insuffisant pour pallier les problèmes d'engorgement de la circulation, qui me semblent inévitables. » « Mes adversaires ne connaissent pas leurs dossiers, rétorque le maire. En concertation avec Lèves et Mainvilliers, nous avons prévu des itinéraires de contournement. »




